Livre

Accident(s), Sophie Loubière remonte la Nationale 7 sur les traces d’un mensonge

Notation post

Sophie Loubière prend la route. Avec Accident(s), paru le 8 octobre 2026 chez Belfond dans la collection Belfond noir, la romancière lauréate du prix Landerneau polar 2020 lance son héroïne sur les 996 kilomètres de la Nationale 7, entre Paris et Nice, sur les traces d’un père mort et d’une série de drames que tout le monde a préféré classer comme des accidents.

Une voiture calcinée près de Nevers

Cécile Varennes écrit des romans noirs. Après une collision dont elle réchappe de justesse, elle découvre la voiture calcinée de son père dans un bois près de Nevers. Les autorités concluent à un accident. Mais une valise cachée raconte une autre histoire. Elle contient des coupures de presse sur des disparitions et des meurtres survenus le long de la Nationale 7, la route même où sa mère et son frère ont trouvé la mort trente ans plus tôt.

Incapable de conduire, Cécile fait appel à Tristan Frato, ancien photoreporter reconverti dans la presse régionale, pour refaire le chemin et comprendre ce que son père cherchait. Le résumé du livre tient en une formule, des vérités enterrées, des meurtres en héritage, et de Paris à Nice l’ombre d’un mensonge.

La Nationale 7, une route chargée de mémoire

Le choix de la N7 n’a rien d’anodin. La route des vacances, celle des départs vers le Sud, est aussi dans la mémoire collective une route d’accidents. En faisant de ce ruban d’asphalte le fil de son intrigue, Loubière transforme un décor familier en scène de crime étirée sur près de mille kilomètres. Le titre lui-même, avec son pluriel entre parenthèses, annonce le doute qui porte tout le livre, un accident ou plusieurs, et peut-être aucun.

Le duo formé par une romancière qui ne peut plus prendre le volant et un ancien photoreporter passé à l’actualité locale installe un road trip forcé, avec ce que cela suppose de huis clos dans l’habitacle et de confrontations au fil des étapes.

Qui est Sophie Loubière ?

Ancienne journaliste de France Inter et de France Info, Sophie Loubière a construit en une dizaine d’années une œuvre noire reconnue, essentiellement chez Fleuve noir. Livres Hebdo rappelait, lors de l’attribution du prix Landerneau polar 2020 pour Cinq cartes brûlées, qu’elle avait auparavant publié L’enfant aux cailloux, Black Coffee, À la mesure de nos silences et White Coffee, ainsi que Dans l’œil noir du corbeau au Cherche-Midi et Dernier parking avant la plage en Folio. Plusieurs fiches de librairies référencent aussi chez Belfond un précédent titre, Obsolète, ce qui fait d’Accident(s) une étape de plus dans ce compagnonnage plutôt qu’une arrivée.

On retrouve dans le résumé des motifs familiers du roman noir familial, la famille comme lieu des secrets et le passé qui remonte à la surface, ici transposés sur une route que tout le monde croit connaître.

Ce que promet ce polar d’automne

Le livre coche les cases du roman noir d’enquête, mais sa singularité tient à sa forme de voyage. Chaque étape de la N7 peut devenir une pièce du puzzle, chaque coupure de presse une adresse à visiter. La figure du père, enquêteur amateur dont on suit les pas après sa mort, ajoute une dimension de deuil à la mécanique policière. Et le fait que l’héroïne soit elle-même autrice de romans noirs ouvre la possibilité d’un jeu sur la fiction et la réalité, une piste que le résumé n’évoque pas mais que le profil du personnage rend tentante.

Notre avis

Cette présentation s’appuie sur le résumé publié par Be Polar, je n’ai pas encore lu le roman et aucune critique professionnelle n’était disponible au moment de l’écrire. Sur le papier, Accident(s) réunit un décor fort, un duo d’enquêteurs atypique et une autrice dont le savoir-faire a déjà été distingué. C’est l’un des polars français à surveiller cet automne, en particulier pour les lecteurs qui aiment les intrigues où la géographie compte autant que les suspects.

Retrouvez les autres parutions de la semaine dans notre archive Sorties livres de la semaine du 5 au 11 octobre 2026 et sur le hub Sorties livres de la semaine.

Sylvie

Sylvie Bell’s

Sylvie ne lit pas vraiment des romans : elle les dévore !! Deux livres dans une journée ne lui font pas peur, surtout lorsqu’un auteur l’accroche assez pour qu’elle parte aussitôt explorer toute sa bibliographie. Curieuse, généreuse et toujours prête à défendre son dernier coup de cœur, elle adore faire circuler les romans autour d’elle, à une condition non négociable : personne n’y touche avant qu’elle ait terminé. Et si elle préfère largement le bruit des pages au clic d’une liseuse, elle admet qu’entre lire sur un écran et ne pas lire du tout, le choix est vite fait.