Livre

L’affaire Alfred Langevin : Nicolas Carreau croque une France du complotisme de clocher

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Sorti en grand format en mars 2025 chez JC Lattès, L’affaire Alfred Langevin de Nicolas Carreau arrive ce 23 septembre 2026 en édition poche. L’occasion de revenir sur ce second roman qui a partagé la critique entre éloge de son humour et réserves sur sa construction.

Que raconte L’affaire Alfred Langevin ?

Le roman se déroule à Belprat, commune fictive de 11 000 habitants, où le jeune et ambitieux Alfred Langevin rejoint la rédaction du Matin de Belprat, petit journal local. Son arrivée coïncide avec une série d’événements aussi mystérieux que sensationnels, dont la découverte d’un squelette aux os perforés dans un jardin, qui relancent les finances du journal en passionnant les lecteurs. Les habitants se transforment en enquêteurs amateurs, et le roman laisse planer le doute, ces faits divers extraordinaires sont-ils authentiques, ou en partie fabriqués pour faire vendre du papier ? Le livre compte 209 pages dans son édition grand format.

Le deuxième roman de Nicolas Carreau, journaliste de formation

Nicolas Carreau avait publié un premier roman, Un homme sans histoires, en 2022, déjà chez JC Lattès. Avec L’affaire Alfred Langevin, il choisit un registre plus ouvertement satirique, en s’appuyant sur sa connaissance du monde journalistique pour croquer les travers de la presse à sensation et le grand n’importe quoi que peut engendrer, dans une petite ville, la course à l’audience.

Un accueil critique partagé

Le roman a reçu des lectures sensiblement différentes selon les titres de presse. Le JDD salue un « bijou d’humour » qui « se lit d’une traite », saluant un auteur qui perfectionne son art après son premier roman déjà remarqué, et met en avant le persiflage réussi des théories complotistes et des enquêteurs amateurs incompétents. Le site Culture-Tops, sous la plume de Jacqueline Le Bris, se montre nettement plus réservé et attribue au livre la note de 2 sur 5, tout en reconnaissant des portraits savoureux de la vie provinciale, le bistrot chez Roger, des notables aux noms malicieux, un garde champêtre haut en couleur, ainsi qu’un rappel pertinent de l’éthique journalistique. La critique regrette en revanche une construction narrative jugée désorganisée, qui alterne témoignages du directeur du journal, flash-back à différentes époques et intrigue policière sommaire, avec des transitions qu’elle trouve maladroites.

Faut-il lire L’affaire Alfred Langevin en cette rentrée poche ?

Entre ces deux lectures, une chose fait consensus, la peinture de la vie provinciale et le regard sur les dérives de la presse locale constituent le vrai centre de gravité du roman, plus que son intrigue à proprement parler. Les lecteurs sensibles à la satire de la presse à sensation et aux portraits de personnages hauts en couleur y trouveront sans doute davantage leur compte que ceux qui recherchent une mécanique policière rigoureuse. Le passage en poche, à un prix plus accessible que l’édition grand format vendue 20 euros à sa sortie, est l’occasion de se faire son propre avis sur un roman qui, au minimum, ne laisse pas indifférent.

Le rappel de l’éthique journalistique, salué par Culture-Tops comme l’un des points forts du roman, mérite d’être souligné. À travers les déboires du Matin de Belprat, Nicolas Carreau interroge sans lourdeur la tentation, bien réelle dans la presse locale comme nationale, de privilégier le sensationnel au vérifié lorsque les finances d’une rédaction sont en jeu. Le sujet résonne d’autant plus fort que le roman a été écrit par un auteur lui-même issu du monde du journalisme, ce qui explique en partie la justesse relevée par plusieurs critiques dans la description des rouages d’une petite rédaction de province. Reste que ce ton mordant, dans un paysage de la rentrée littéraire souvent dominé par des récits plus graves, tranche agréablement et explique une bonne part de l’attachement que le roman a suscité chez une partie de ses lecteurs dès sa sortie en grand format.

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Sylvie

Sylvie Bell’s

Sylvie ne lit pas vraiment des romans : elle les dévore !! Deux livres dans une journée ne lui font pas peur, surtout lorsqu’un auteur l’accroche assez pour qu’elle parte aussitôt explorer toute sa bibliographie. Curieuse, généreuse et toujours prête à défendre son dernier coup de cœur, elle adore faire circuler les romans autour d’elle, à une condition non négociable : personne n’y touche avant qu’elle ait terminé. Et si elle préfère largement le bruit des pages au clic d’une liseuse, elle admet qu’entre lire sur un écran et ne pas lire du tout, le choix est vite fait.