Le Comte de Monte-Cristo (2024) : Point de vue de Yasmine Belkacem

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Qui suis-je ?

Je m’appelle Yasmine Belkacem, j’ai 28 ans, et je suis critique de cinéma indépendante. Ma spécialité ? Les films grand spectacle, les thrillers nerveux, et tout ce qui peut faire exploser un écran de cinéma. Fan inconditionnelle de John Wick, Gladiator, et des séries coréennes de revenge ultra-violentes, j’adore quand un film sait raconter une histoire de vengeance sans prendre des pincettes.

Confessiontime : Je n’ai jamais lu Le Comte de Monte-Cristo en entier. Trop long, trop dense, j’ai craqué après 200 pages à l’adolescence. Mais ça ne m’a jamais empêchée d’apprécier les adaptations ciné – et croyez-moi, celle-ci, je l’attendais au tournant. Un blockbuster français à 43 millions d’euros avec Pierre Niney en héros masqué qui veut la peau de ses ennemis ? Count me in.

Le pitch : Vengeance servie froide

Edmond Dantès (Pierre Niney) est un jeune marin marseillais sur le point d’épouser l’amour de sa vie, Mercédès (Anaïs Demoustier), et de devenir capitaine. Mais la jalousie et les manigances politiques le font tomber : il est dénoncé comme conspirateur bonapartiste et jeté au cachot du Château d’If.

Quatorze ans de souffrance, de rage et de solitude. Quatorze ans à ruminer sa vengeance. Puis vient la rencontre avec l’abbé Faria (Pierfrancesco Favino), un prisonnier érudit qui lui révèle l’existence d’un trésor caché sur l’île de Montecristo. Dantès s’évade, devient immensément riche, et revient métamorphosé sous l’identité du mystérieux Comte de Monte-Cristo pour détruire méthodiquement ceux qui l’ont trahi.

Trois cibles : Fernand de Morcerf (Bastien Bouillon), devenu général. Gérard de Villefort (Laurent Lafitte), procureur tout-puissant. Et le baron Danglars (Patrick Mille), banquier corrompu. Le plan est simple : leur faire payer. Mais la vengeance, comme on le sait, est un plat qui se mange froid… et qui peut vous consumer de l’intérieur.

Ce qui m’a explosé la tête (dans le bon sens) 💥

1. Pierre Niney en mode « Dark Knight français »

Autant le dire tout de suite : Pierre Niney porte ce film sur ses épaules et il le fait avec une classe folle. Je ne suis pas forcément une fan absolue de tous ses rôles, mais là ? Il m’a bluffée.

Son Edmond Dantès évolue sous nos yeux : du jeune marin solaire et naïf au début, il devient progressivement cette figure sombre, glaçante, presque inhumaine. Niney ne cherche jamais à rendre son personnage sympathique – et c’est exactement ce qu’il fallait. Quand il apparaît masqué, le regard froid, la voix posée, c’est limite un super-vilain (ou un super-héros, selon le point de vue). Batman avant Batman, comme certains l’ont dit, et franchement, je valide à 100%.

Ce qui m’a marquée, c’est cette rage contenue qu’il dégage tout du long. Niney ne surjoue jamais. Il est dans le contrôle, la maîtrise totale de ses émotions – jusqu’à ce que tout explose. Et quand ça pète, bordel, ça pète bien.

2. Un spectacle visuel de folie

On ne va pas se mentir : avec 43 millions de budget (le film français le plus cher de 2024), ça se voit à l’écran. Et ça claque.

Les décors sont somptueux. Le Château d’If filmé en vrai, les paysages méditerranéens à couper le souffle, le château du Comte qui ressemble à un repaire de Bond villain… Chaque plan respire l’ambition. Les costumes sont magnifiques, la photo est sublime (parfois un peu trop léchée, mais bon), et la mise en scène sait alterner entre intimité étouffante et séquences grandioses.

La scène d’ouverture en mer ? Dingue. L’évasion du Château d’If (tournée en plan-séquence avec Pierre Niney balancé à la mer ligoté dans un sac) ? Glaçante. Les scènes dans le château du Comte ? Théâtrales à souhait, avec une lumière qui joue sur les ombres et les masques.

Le film réussit ce pari un peu fou : offrir un blockbuster à l’américaine avec une touche très française – moins de baston spectaculaire, plus de tension psychologique, de dialogues ciselés, de jeux de pouvoir.

3. Une tension qui ne lâche jamais

Ce qui m’a le plus surprise, c’est que ce film de presque 3 heures ne traîne jamais. Contrairement aux Trois Mousquetaires qui misaient beaucoup sur l’action physique, Le Comte de Monte-Cristo est un thriller de manipulation.

On suit Dantès tisser sa toile, pièce par pièce, révélation après révélation. Chaque scène avance le plan de vengeance, chaque dialogue cache un double sens. C’est du chess game cinématographique, et franchement, j’adore ce genre de truc. Ça me rappelle un peu The Prestige dans son aspect « tout est calculé, chaque détail compte ».

Le duo de réalisateurs (Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte) maîtrise parfaitement le rythme. Ils alternent entre scènes intimistes (les moments avec Mercédès, déchirants) et montées en tension (les confrontations avec les traîtres). Pas de temps mort, pas de scène inutile. Pour un film-fleuve, c’est un exploit.

4. Les méchants qu’on DÉTESTE (et c’est parfait)

Laurent Lafitte en Villefort ? Magistral de cynisme. Bastien Bouillon en Morcerf ? Détestable à souhait. Patrick Mille en Danglars ? Un lâche arriviste comme on les aime.

Les trois acteurs s’en donnent à cœur joie dans leurs rôles de salauds, et c’est jouissif. Parce que la base d’un bon revenge movie, c’est d’avoir des ennemis qu’on a VRAIMENT envie de voir tomber. Et là, mission accomplie. On attend avec délectation que chacun reçoive ce qu’il mérite.

Mention spéciale à Anamaria Vartolomei (Haydée), qui vole littéralement toutes les scènes où elle apparaît. Son personnage, esclave libérée par le Comte, apporte une dimension tragique et sensuelle au film. Elle est magnétique.

Ce qui m’a un peu refroidie ❄️

1. Une musique parfois trop présente

Alors oui, la BO de Jérôme Rebotier est belle, épique, imposante… mais des fois, elle en fait TROP. Genre vraiment trop. Il y a des moments où on a juste envie que la musique se taise pour laisser respirer l’image ou le silence. Au lieu de ça, elle souligne chaque émotion, chaque révélation, chaque regard.

C’est le syndrome Hans Zimmer poussé à l’extrême : la musique te HURLE ce que tu dois ressentir au lieu de te laisser le découvrir par toi-même. Bon, après, c’est un peu la norme des blockbusters modernes, donc je chipote.

2. Certains choix d’adaptation discutables

Attention, je ne suis PAS une puriste du roman (je vous l’ai dit, je ne l’ai même pas fini). Mais même moi, j’ai tilté sur certains changements.

Apparemment, la fin du film diffère pas mal du livre. Des personnages ont été fusionnés, d’autres supprimés, certaines intrigues raccourcies. Pour quelqu’un qui découvre l’histoire comme moi, ça passe nickel. Mais j’imagine que les fans hardcore de Dumas doivent grimacer à certains moments.

Le passage au Château d’If, par exemple, aurait pu être plus développé. On sent que les réalisateurs ont voulu aller à l’essentiel pour tenir en 3 heures, mais du coup, certaines ellipses sont frustrantes. Comment Dantès devient-il SI riche ? Comment construit-il son réseau ? Tout ça passe un peu vite.

3. Le vieillissement de Niney… bof

Alors là, gros point faible : le maquillage censé vieillir Pierre Niney. Franchement, on n’y croit pas une seconde. Il a juste des tempes grisonnantes et deux rides au front. Pour un mec qui a passé 14 ans en prison et qui est censé réapparaître des années plus tard complètement transformé, c’est un peu léger.

Le pire, c’est qu’aucun de ses anciens amis ne le reconnaît alors qu’il a juste… un masque et une barbe. Genre, sérieux ? Clark Kent avait au moins des lunettes. Là, on frôle le ridicule. Mais bon, on accepte la convention, parce que sinon le film ne fonctionne pas.

Le verdict de Yasmine

Le Comte de Monte-Cristo (2024) est tout ce que j’attendais d’un blockbuster de vengeance à la française : spectaculaire, intense, porté par un Pierre Niney au sommet, et suffisamment malin pour ne pas être qu’un film d’action bourrin.

C’est un revenge movie méthodique, presque shakespearien, où chaque pièce du puzzle se met en place avec une précision chirurgicale. Oui, il y a des défauts (la musique trop envahissante, quelques facilités scénaristiques, le maquillage raté de Niney vieux), mais l’expérience globale est tellement prenante qu’on pardonne facilement ces petits accrocs.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est que ce film prouve qu’on peut faire du cinéma français ambitieux, populaire ET exigeant. Pas besoin d’aller chercher du côté d’Hollywood pour avoir un spectacle de cette envergure. La France a les moyens, les talents, et visiblement, les couilles pour rivaliser.

Pour qui ?

Foncez si vous aimez :

  • Les revenge movies bien construits (John Wick, Oldboy, V pour Vendetta)
  • Les films de cape et d’épée avec de la gueule
  • Pierre Niney (et vous voulez le voir dans un registre sombre)
  • Les thrillers psychologiques tendus
  • Le cinéma spectacle qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots

Passez votre chemin si :

  • Vous êtes un puriste du roman et que toute modification vous fait bondir
  • Vous détestez les films longs (2h58, quand même)
  • Vous cherchez de l’action non-stop façon Marvel
  • Les histoires de vengeance vous gonflent

Ma note : 8,5/10 ⭐

Un des meilleurs films français de 2024, point barre. Ambitieux, maîtrisé, porté par un casting impeccable et une réalisation au cordeau. Courez le voir en salles (si ce n’est pas déjà fait) ou rattrapez-le en VOD/streaming dès que possible.

Et franchement ? Ça m’a donné envie de retenter le roman. Peut-être que cette fois, j’irai jusqu’au bout.


Le Comte de Monte-Cristo
Réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte
Avec Pierre Niney, Anaïs Demoustier, Laurent Lafitte, Bastien Bouillon, Anamaria Vartolomei
Durée : 2h58
Sortie France : 28 juin 2024
Budget : 43 millions d’euros
Box-office France : Plus de 8 millions d’entrées 🔥


Et vous, vous en avez pensé quoi du Comte ? Team vengeance ou team pardon ? Balancez vos avis en commentaire !

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