Cinéma

Verity, Anne Hathaway et Dakota Johnson dans un jeu de dupes glaçant

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Une prête-plume découvre les secrets d’une autrice à succès

Verity adapte le roman du même nom publié par Colleen Hoover en 2018 et paru en France chez Hugo Roman. L’histoire suit Lowen Ashleigh, écrivaine en quête de travail incarnée par Dakota Johnson, contactée par Jeremy Crawford, joué par Josh Hartnett. La femme de ce dernier, Verity Crawford, auteure à succès interprétée par Anne Hathaway, ne peut plus terminer sa série de romans populaires à la suite d’un grave accident. Jeremy propose alors à Lowen de reprendre le flambeau en s’installant dans la maison familiale pour travailler sur les manuscrits inachevés. En fouillant les affaires de Verity, Lowen met la main sur un texte qui n’était pas destiné à être lu, un document trouble qui interroge l’équilibre psychologique de l’autrice et son rapport à sa propre famille.

Le film est réalisé par Michael Showalter, scénarisé par Nick Antosca, avec une photographie signée Jim Frohna et une partition composée par Volker Bertelmann. Amazon MGM Studios en assure la production et la distribution internationale, tandis que Sony Pictures France porte sa sortie dans l’Hexagone le 30 septembre 2026, en même temps que la sortie nord-américaine.

Anne Hathaway et Dakota Johnson se livrent-elles un jeu de dupes psychologique ?

Tout l’enjeu du film repose sur la relation trouble entre les deux actrices principales. Anne Hathaway compose une Verity Crawford ambiguë, à la fois victime apparente d’un accident et figure de plus en plus inquiétante à mesure que Lowen avance dans sa lecture du manuscrit. Dakota Johnson, elle, incarne une héroïne prise entre compassion, curiosité malsaine et attirance grandissante pour Jeremy, ce qui installe un triangle amoureux aussi trouble que le mystère littéraire qui l’entoure. Le classement en R aux États-Unis, réservé aux œuvres les plus adultes du genre thriller psychologique, confirme que le film ne cherche pas à édulcorer la noirceur du roman original.

Cette tension entre les deux actrices a été au cœur de la promotion du film depuis sa présentation en avant-première à CinemaCon en avril 2026. Les premières bandes-annonces, dévoilées à l’été, ont mis l’accent sur cette atmosphère trouble plutôt que sur un enchînement classique de rebondissements, un choix marketing qui tranche avec les adaptations plus lisses habituellement tirées des romans de Colleen Hoover.

Que doit le film au roman culte de Colleen Hoover ?

Verity est l’un des romans les plus commentés de Colleen Hoover, autrice devenue une figure incontournable de la littérature populaire américaine grâce au bouche-à-oreille généré sur les réseaux sociaux. Le livre s’est imposé comme une référence du genre thriller domestique, porté par une construction en manuscrit dans le manuscrit qui brouille sans cesse la frontière entre ce que Lowen découvre et ce qu’elle interprète. Sony Pictures France présente d’ailleurs le film comme l’adaptation du roman à succès de l’autrice, un argument de vente assumé auprès d’un lectorat déjà acquis à l’histoire.

Le scénariste Nick Antosca, connu pour son travail sur des séries d’horreur psychologique, a dû composer avec une intrigue reposant en grande partie sur la lecture d’un document écrit, un défi classique d’adaptation que le film choisit de résoudre par des flashbacks et des voix intérieures plutôt que par de simples lectures à l’écran. Cette approche permet de conserver l’ambiguïté centrale du roman, celle qui a fait sa réputation, tout en offrant aux trois interprètes principaux des scènes de confrontation plus frontales que dans le texte d’origine.

Michael Showalter opère-t-il un virage marquant vers le thriller ?

Showalter s’est fait connaître pour des comédies dramatiques comme The Big Sick ou la série The Dropout, plus orientées vers la tension biographique que vers l’horreur pure. Avec Verity, il aborde pour la première fois le thriller psychologique à tendance érotique, un genre où l’atmosphère et le rythme du montage comptent souvent plus que les effets de mise en scène spectaculaires. Le choix de Jim Frohna à la photographie, collaborateur habituel de Showalter, laisse présager une continuité stylistique avec ses précédents projets plutôt qu’une rupture esthétique totale.

Le budget de 40 millions de dollars, modeste au regard des standards du genre thriller haut de gamme, place le film dans la catégorie des productions de milieu de gamme portées avant tout par leurs têtes d’affiche et par la notoriété du matériau d’origine plutôt que par des effets spéciaux coûteux.

Un rendez-vous à ne pas manquer pour les lectrices de Colleen Hoover ?

J’ai suivi ce projet depuis l’annonce du casting, et je retiens surtout la manière dont le duo Hathaway-Johnson semble tirer le film vers un registre plus adulte que ce à quoi les adaptations de Colleen Hoover nous avaient habitués jusque-là. Le pari n’est pas seulement de satisfaire les lectrices du roman, mais de proposer un vrai thriller de genre, avec ses zones d’ombre et son ambiguïté morale assumée jusqu’au bout. Sorti le même jour que Digger, Verity offre une option radicalement différente pour cette rentrée de fin septembre, plus intime, plus resserrée sur ses trois personnages principaux, et sans doute plus fidèle à l’esprit de son matériau d’origine que bien des adaptations récentes du genre.

Retrouvez l’ensemble des sorties de la semaine dans notre archive Sorties cinéma du 30 septembre 2026.

Sylvain

Sylvain Latour

Sylvain aime le cinéma qui provoque une réaction, qu’il s’agisse d’un grand film populaire ou d’une œuvre plus discrète. Il s’attarde autant sur la mise en scène que sur le jeu des acteurs, sans perdre de vue une question simple : est-ce que le film mérite vraiment qu’on lui consacre deux heures ? Ses critiques vont droit au but, avec curiosité mais sans complaisance.

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