Cinéma

Léa Seydoux présidera la 52e cérémonie des César, le 25 février 2027 à l’Olympia

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L’Académie des Arts et Techniques du Cinéma et Canal+ ont annoncé le mercredi 14 octobre 2026 que Léa Seydoux présidera la 52e cérémonie des César. La soirée aura lieu le jeudi 25 février 2027 sur la scène de l’Olympia, à Paris, avec Vincent Dedienne comme maître de cérémonie.

Une annonce commune de l’Académie et de Canal+

L’information est tombée mercredi en fin de journée, par un communiqué commun de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma et de Canal+, relayé par AlloCiné dès 18 heures puis repris par la presse cinéma le lendemain matin. Léa Seydoux succède à Camille Cottin, qui présidait la 51e édition. La cérémonie sera retransmise sur Canal+, en clair, en direct et en exclusivité depuis l’Olympia, selon la formule reprise par la chaîne sur ses réseaux sociaux. Le communiqué salue une actrice qui « trace depuis plus de vingt ans un parcours singulier ». Les nominations de cette 52e édition seront dévoilées plus tard dans la saison.

Le duo de tête est désormais complet. Le nom de Vincent Dedienne avait été officialisé une semaine plus tôt, le 7 octobre, pour succéder à Benjamin Lavernhe à l’animation de la soirée. Le site Serie-News présente le comédien comme le détenteur de trois Molières, avec une décennie de complicité avec Canal+ derrière lui.

Le calendrier offre d’ailleurs un joli clin d’œil. Camille Cottin et Benjamin Lavernhe, présidente et maître de cérémonie de l’édition précédente, se retrouvent en ce moment à l’affiche des Misérables de Fred Cavayé, sortis en salles ce même mercredi 14 octobre, aux côtés de Vincent Lindon et Tahar Rahim.

Cinq nominations aux César et aucune statuette à ce jour

Le choix a quelque chose de paradoxal. Léa Seydoux a été nommée cinq fois aux César sans jamais repartir avec la récompense, comme le rappelle Ciné974. Elle a d’abord concouru deux années de suite pour le César du meilleur espoir féminin, avec La Belle Personne de Christophe Honoré puis Belle Épine de Rebecca Zlotowski, les deux films qui l’ont révélée à la fin des années 2000. Elle a ensuite été citée trois fois dans la catégorie de la meilleure actrice, notamment pour Les Adieux à la reine en 2013 et pour France lors de la 47e cérémonie, en 2022. Elle compte aussi une nomination aux BAFTA britanniques.

Présider la soirée lui offre donc une place centrale sur une scène où elle n’a jamais été sacrée. Le rôle est honorifique, il ne dit rien du palmarès à venir, mais il consacre une place dans le cinéma français que les votes de l’Académie n’avaient jamais tout à fait reconnue jusqu’ici.

La Vie d’Adèle, une Palme d’or partagée qui a fait date

C’est à Cannes que tout a basculé pour elle. En 2013, le jury présidé par Steven Spielberg a remis la Palme d’or de La Vie d’Adèle à son réalisateur Abdellatif Kechiche, mais aussi à ses deux actrices, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Le communiqué de l’Académie y voit « une première dans l’histoire du festival ». Adèle Exarchopoulos a depuis suivi son propre chemin, jusqu’à Garance à la rentrée 2026. Léa Seydoux, elle, est revenue sur la Croisette de l’autre côté de la table, comme membre du jury du Festival de Cannes en 2018.

De James Bond à Dune, une carrière tournée vers l’international

Peu d’actrices françaises de sa génération ont autant circulé entre le cinéma d’auteur et les grosses productions anglo-saxonnes. Après Robin des Bois de Ridley Scott et Protocole Fantôme, l’épisode de la saga Mission Impossible réalisé par Brad Bird, elle devient Madeleine Swann face à Daniel Craig dans 007 Spectre de Sam Mendes en 2015, un rôle qu’elle reprend dans Mourir peut attendre de Cary Joji Fukunaga en 2021. En 2024, Denis Villeneuve lui confie le personnage de Lady Margot Fenring dans le deuxième volet de Dune.

Dans le même temps, elle a tourné pour Wes Anderson, David Cronenberg, Bertrand Bonello, Yorgos Lanthimos ou Xavier Dolan, selon la liste dressée par AlloCiné. Ce va-et-vient entre les mondes fait d’elle un visage connu bien au-delà du public des salles art et essai, ce qui n’est sans doute pas étranger au choix d’une cérémonie retransmise en clair.

L’Inconnue, le film qui a relancé l’actrice en 2026

L’année 2026 a aussi compté pour elle. L’Inconnue d’Arthur Harari a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en mai, et le magazine Numéro en a fait « la surprise du festival ». Le film suit David, un photographe en plein doute créatif incarné par Niels Schneider, qui rencontre une femme blonde lors d’une soirée et se réveille le lendemain dans son corps. Léa Seydoux joue Eva, cette femme dont il occupe désormais l’enveloppe. Le scénario adapte le roman graphique Le cas David Zimmerman, paru en 2024 et coécrit par Arthur Harari et son frère Lucas. Le film est sorti en salles le mercredi 26 août 2026. Paris Match Belgique souligne que l’actrice avait présenté deux films à Cannes au printemps.

Quels films attendent Léa Seydoux après les César ?

Son agenda reste chargé. AlloCiné cite parmi ses projets à venir le troisième Dune de Denis Villeneuve, Gentle Monster de Marie Kreutzer, Alpha Gang des frères Zellner et The Masque of the Red Death de Charlie Polinger. Aucun de ces films n’a encore de date de sortie française annoncée dans les communiqués liés aux César, et il faudra attendre l’annonce des nominations pour savoir si l’un de ses films de 2026 figure dans la course.

Pourquoi ce choix me paraît juste

J’aime l’idée qu’une actrice jamais récompensée par l’Académie soit celle qui ouvre la soirée. Léa Seydoux a traversé vingt ans de cinéma sans se laisser enfermer, passant d’un Kechiche à un James Bond, d’un Cronenberg à un Villeneuve, et revenant toujours au cinéma français avec des paris comme L’Inconnue. Je retiens aussi que l’Académie a choisi une figure capable de parler aux spectateurs du samedi soir autant qu’aux cinéphiles, ce dont une cérémonie diffusée en clair a besoin. Rendez-vous le 25 février à l’Olympia pour voir quel ton elle donnera à cette 52e édition.

Sources


Sylvain

Sylvain Latour

Sylvain aime le cinéma qui provoque une réaction, qu’il s’agisse d’un grand film populaire ou d’une œuvre plus discrète. Il s’attarde autant sur la mise en scène que sur le jeu des acteurs, sans perdre de vue une question simple : est-ce que le film mérite vraiment qu’on lui consacre deux heures ? Ses critiques vont droit au but, avec curiosité mais sans complaisance.