Malfaisante, Jessica Chastain face à son double maléfique dans l’horreur signée Rob Savage
Jessica Chastain en mère de famille dont un double malveillant s’est installé dans la maison, James Wan à la production et Rob Savage derrière la caméra. Sur le papier, Malfaisante, titré Other Mommy en version originale, coche toutes les cases du film d’horreur grand public de la saison d’Halloween. Distribué en France par Universal Pictures International France, il sort en salles le mercredi 14 octobre 2026, cinq jours après sa sortie américaine.
Le film arrive donc précédé de ses premières critiques, et elles sont nettement moins enthousiastes que ne le laissait espérer une bande-annonce qui avait beaucoup fait parler d’elle cet été.
Une entité qui prend le visage de la mère
Le point de départ est d’une simplicité redoutable. Bela, une fillette de huit ans, voit son quotidien se dégrader à cause d’une entité qui vit dans sa maison et qui ressemble trait pour trait à sa propre mère. Ursula, la vraie, travaille beaucoup et laisse l’enfant sous la garde de son père, Russ, resté au foyer. L’Autre Maman comble le vide, jusqu’à ce que les parents comprennent que la créature s’en prend à leur fille et tentent de fuir sans en connaître les règles.
L’idée d’un double maternel inquiétant évoque forcément des souvenirs de contes et de cinéma fantastique, mais le film l’ancre dans une angoisse très contemporaine, celle de la mère absente, culpabilisée par son propre travail. C’est là que réside, sur le papier, sa singularité.
Josh Malerman, James Wan et Rob Savage aux commandes
Malfaisante adapte Incidents Around the House, roman publié en 2024 par Josh Malerman, l’auteur de Bird Box. Le scénario est signé Nathan Elston, et la production est assurée par James Wan via la bannière Blumhouse et Atomic Monster, avec Universal à la distribution. Le tournage s’est déroulé à Dublin, en Irlande, du 12 mai au 9 juillet 2025. La sortie, d’abord prévue en mai 2026, a été repoussée à octobre, en pleine période d’Halloween.
Rob Savage n’est pas un inconnu des amateurs du genre. Il s’est fait remarquer en 2020 avec Host, film d’horreur tourné intégralement sous la forme d’une visioconférence en plein confinement, avant de signer Dashcam puis The Boogeyman, adapté de Stephen King. Son cinéma repose sur un sens du dispositif et du jump scare que l’on retrouvait déjà dans la bande-annonce, dont une apparition de l’Autre Maman contorsionnée sous une table a particulièrement marqué les spectateurs lors de sa diffusion en salles.
Jessica Chastain dans un double rôle
Jessica Chastain joue à la fois Ursula et son double surnaturel. L’actrice oscarisée pour Dans les yeux de Tammy Faye retrouve ici un registre horrifique qu’elle avait déjà fréquenté avec Mama et Ça : Chapitre 2. Selon les secrets de tournage recensés par AlloCiné, elle a imaginé pour l’Autre Maman un sourire figé accompagné de larmes, si dérangeant qu’un enfant aurait crié en la voyant lors d’un essayage.
Face à elle, Jay Duplass incarne le père, et la jeune Arabella Olivia Clark, qui a décroché le rôle de Bela après cinq mois d’auditions, porte une large part du film. Toujours selon AlloCiné, les comédiens adultes ont veillé à la tenir à l’écart des scènes les plus violentes. Karen Allen, Dichen Lachman et Arian Moayed complètent la distribution.
Que vaut Malfaisante aux yeux de la critique américaine ?
Depuis la levée de l’embargo, à l’occasion de la sortie américaine du 9 octobre, le film peine à convaincre. Selon ComicBookMovie, il affichait ce jour-là un score de 18 % sur Rotten Tomatoes, sur la base de 28 critiques. Un démarrage difficile pour une production de cette ampleur.
Le plus sévère est sans doute Matt Konopka, chez Dread Central, qui reconnaît une interprétation principale solide et quelques bonnes frayeurs, mais décrit une traversée laborieuse d’une maison hantée de fête foraine, chargée en effets numériques et rarement effrayante. Il juge le scénario répétitif et formaté, au point de qualifier le film de l’un des plus frustrants qu’il ait vus cette année.
À l’inverse, William Bibbiani, pour TheWrap, défend un film très inégal mais globalement efficace. Il estime que l’ensemble « fonctionne la plupart du temps », salue une première moitié réellement inquiétante et voit dans l’Autre Maman un méchant potentiellement iconique. Sa réserve rejoint pourtant celle de ses confrères, puisqu’il regrette une fin qui ramène tout ce qui précède à un message banal et rassurant.
Mon avis sur Malfaisante
Je n’ai pas encore vu le film au moment d’écrire ces lignes, et cet avis repose sur les critiques citées. Leur lecture dessine un portrait assez net. Même les détracteurs du film reconnaissent l’engagement de Jessica Chastain, et même son défenseur le plus convaincu admet que la mécanique s’essouffle. Le problème ne semble donc pas être l’idée, ni l’actrice, mais la manière dont le scénario exploite une figure pourtant forte.
C’est un écueil fréquent du cinéma d’horreur de studio, qui sait fabriquer une image marquante pour une bande-annonce, mais peine parfois à tenir la tension sur la durée. Avec une heure trente-quatre au compteur, Malfaisante n’a pas l’excuse de la longueur, et la promesse d’un film sur la culpabilité maternelle mérite mieux qu’une résolution convenue, si l’on en croit Bibbiani.
Je retiens un film qui vaut sans doute le déplacement pour son personnage de croquemitaine et pour Jessica Chastain, à condition d’accepter une seconde partie que la critique juge en deçà de son point de départ. Pour une soirée d’Halloween entre amateurs de frissons, cela peut suffire. Pour ceux qui attendent un nouveau classique du genre, mieux vaut tempérer ses attentes.
Retrouvez les autres films de la semaine sur le hub Sorties cinéma de la semaine.
Sources
- Malfaisante, fiche du film (AlloCiné)
- Other Mommy Review, par William Bibbiani (TheWrap)
- Other Mommy Review, par Matt Konopka (Dread Central)
- Other Mommy Rotten Tomatoes Score Revealed (ComicBookMovie)
Sylvain
