Cinéma

Narnia, la bande-annonce de Greta Gerwig pulvérise le record de Barbie avec 481 millions de vues

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Mise en ligne le 13 octobre 2026, la première bande-annonce de Narnia, le Neveu du magicien a cumulé 481,3 millions de vues en sept jours selon le cabinet WaveMetrix, soit le double de Barbie. Un record pour Greta Gerwig et pour Netflix, alors même que le public français ne verra pas le film en salle.

La bande-annonce officielle de Narnia, le Neveu du magicien en VF

Greta Gerwig a dévoilé ces images le mardi 13 octobre 2026 à New York, sur un écran IMAX de l’AMC Lincoln Center, lors d’une rencontre avec Stephen Colbert, avant leur mise en ligne le jour même. Le montage s’ouvre sur une question qui donne le ton, « Have you ever seen a world born? », et laisse Aslan presque hors champ. Le lion n’apparaît que comme une silhouette cosmique, rugit, mais ne prononce pas un mot. C’est pourtant Meryl Streep qui lui prête sa voix, un choix de casting qui a déjà valu à la production les critiques de plusieurs commentateurs conservateurs aux États-Unis, selon l’Associated Press.

481,3 millions de vues en une semaine, un chiffre qui écrase Barbie

Le décompte vient de WaveMetrix, qui mesure les lectures sur l’ensemble des plateformes. Sur la même fenêtre de sept jours, la bande-annonce de Barbie plafonnait à environ 240 millions de vues, celle de Wonka à 237,2 millions et celle de Super Mario Galaxy, le film à 281,6 millions. Greta Gerwig bat donc son propre record par un facteur deux. Selon AlloCiné, la vidéo avait déjà atteint 8 millions de vues environ treize heures après sa publication.

Le site de fans NarniaWeb, qui reprend les chiffres publiés par Deadline, rappelle que la bande-annonce de Projet Dernière Chance avait atteint 400 millions de vues en une semaine, ce qui place Narnia au sommet de cette comparaison. La vidéo s’est hissée en tête des tendances sur X et sur YouTube, et le site officiel NarniaFilm.com a brièvement cédé sous l’afflux de visiteurs, selon NarniaWeb et Elbakin.

Il faut lire ce chiffre pour ce qu’il est. KultureGeek souligne qu’il additionne des lectures et non des spectateurs uniques, qu’une même personne peut regarder la vidéo plusieurs fois et que les vues sponsorisées sont comptées. Il ne présage donc pas mécaniquement d’un succès. Il dit en revanche quelque chose de très clair sur l’attente qui entoure le retour de Narnia, plus de vingt ans après la première adaptation produite pour le cinéma par Walden Media.

Pourquoi Stairway to Heaven change tout dans cette bande-annonce ?

Une partie de l’écho vient de la musique. Le montage repose sur une version largement retravaillée de Stairway to Heaven, le morceau de Led Zeppelin paru en 1971 sur le quatrième album du groupe, avec la voix de Robert Plant isolée et noyée dans la réverbération, selon Louder. Le groupe est réputé pour refuser ce genre de demande, il avait notamment dit non à Wayne’s World et à Presque célèbre.

D’après Variety, cité par Louder, Greta Gerwig a écrit directement à Jimmy Page et Robert Plant et leur a montré un premier montage du film. La réalisatrice s’est dite très émue qu’ils l’autorisent à utiliser la chanson, en expliquant que le groupe avait perçu le cœur et l’histoire du film. Jimmy Page s’est déclaré ravi qu’elle ait choisi ce titre. Ce mariage entre un monument du rock et un conte pour enfants est sans doute ce qui a fait sortir la vidéo du cercle des seuls lecteurs de C.S. Lewis.

Que raconte Narnia, le Neveu du magicien ?

Le film adapte Le Neveu du magicien, roman publié en 1955, sixième livre paru de la saga mais premier dans l’ordre chronologique de l’histoire. Dans le Londres de 1900, deux enfants, Digory et Polly, utilisent un anneau magique pour passer dans un autre monde et assistent à la naissance de Narnia par Aslan. C’est aussi le récit qui explique l’origine de la future Sorcière blanche.

Deux nouveaux venus tiennent les rôles principaux, David McKenna en Digory Kirke et Beatrice Campbell en Polly Plummer. Autour d’eux, Daniel Craig joue l’oncle Andrew Ketterley, Emma Mackey incarne Jadis, Carey Mulligan interprète Mabel Kirke, la mère de Digory, et l’on retrouve aussi Ciarán Hinds, Kobna Holdbrook-Smith, Denise Gough et Susan Wokoma. Emma Mackey, révélée par Sex Education sur Netflix, retrouve Greta Gerwig après Barbie. Daniel Craig, lui, poursuit sa reconversion loin de James Bond, rôle qu’il avait quitté avec Mourir peut attendre.

Derrière la caméra, Greta Gerwig signe seule le scénario. La photographie est confiée à Seamus McGarvey et la musique à Mark Ronson et Andrew Wyatt, déjà associés à Barbie. Le tournage a débuté le 11 août 2025 et s’est achevé le 31 janvier 2026, entre Londres, Manchester et les studios de Shepperton et Longcross.

Un pari à plusieurs centaines de millions de dollars pour Netflix

Netflix a acquis les droits mondiaux des Chroniques de Narnia en 2018. Selon l’Associated Press, Greta Gerwig a écrit un premier jet en 2020 et 2021, après avoir convaincu Ted Sarandos lors d’un cocktail, en lui expliquant qu’elle ne savait faire que des films pour le grand écran. L’agence évalue le budget à 280 millions de dollars, ce qui en ferait l’un des projets les plus ambitieux de la plateforme. Un second film de la franchise est attendu, toujours avec Greta Gerwig et Netflix, selon AlloCiné.

La réalisatrice a confié à BBC Radio 4 s’être sentie intimidée par le projet, qu’elle décrit comme « un projet qui vaut la peine d’être intimidée ». Elle compare la pression ressentie à celle d’Américains qui adapteraient Shakespeare. Auprès de l’Associated Press, elle présente l’histoire comme une quête spirituelle et rappelle que les livres de C.S. Lewis ont marqué sa jeunesse, au même titre que Les Quatre Filles du docteur March de Louisa May Alcott, qu’elle avait adapté en 2019.

Pourquoi le public français ne verra pas Narnia au cinéma ?

Le film sortira en IMAX à partir du 10 février 2027, puis dans les autres formats le 12 février, partout dans le monde sauf en France. Aux États-Unis, Greta Gerwig a obtenu une fenêtre d’exclusivité de 45 jours en salle, selon le Journal du Geek. Initialement prévue en novembre 2026, la sortie a été décalée pour permettre cette exploitation mondiale.

En France, c’est la chronologie des médias qui bloque. Un film exploité en salle ne peut arriver sur une plateforme qu’après un délai de 17 mois, ramené à 15 mois pour Netflix après négociation avec les organisations du cinéma. Une sortie française le 12 février 2027 aurait donc repoussé l’arrivée du film dans le catalogue au printemps 2028. Netflix France avait confirmé dès le mois de mai qu’aucune exploitation en salle n’était prévue, et le film sera mis en ligne le 2 avril 2027, comme dans le reste du monde. Le même dilemme pèse sur toute la stratégie de la plateforme, on l’a vu avec le départ annoncé de David Fincher.

Ce que ce record dit de l’attente autour du film

L’engouement déborde déjà sur les livres. NarniaWeb relève que Le Neveu du magicien occupe la troisième place du classement Kindle des classiques pour la jeunesse sur Amazon. Le même site a mené un sondage auprès de plus de 4 000 lecteurs, très partagé, puisque 46 % se disent plus optimistes après la bande-annonce et 35 % moins optimistes. Sur la direction artistique de Greta Gerwig, 40 % ont un avis mitigé, 32 % ne l’aiment pas et 28 % l’apprécient.

Netflix sait transformer une curiosité en raz-de-marée, comme le montre ces jours-ci Animals, le thriller de Ben Affleck, numéro un mondial malgré une critique sévère. Avec Narnia, la plateforme joue une autre partie, celle d’une franchise familiale capable d’exister en salle à l’étranger avant de faire vivre son catalogue.

Je retiens surtout de cette bande-annonce le choix de ne presque rien montrer d’Aslan. Greta Gerwig vend une atmosphère, une chanson et une promesse de démesure plutôt qu’un personnage, et ça a fonctionné au-delà de tout ce qu’on pouvait prévoir. Je regrette, en spectateur, de devoir découvrir en avril sur un écran de salon un film pensé pour l’IMAX, mais je serai au rendez-vous.

Sources


Sylvain

Sylvain Latour

Sylvain aime le cinéma qui provoque une réaction, qu’il s’agisse d’un grand film populaire ou d’une œuvre plus discrète. Il s’attarde autant sur la mise en scène que sur le jeu des acteurs, sans perdre de vue une question simple : est-ce que le film mérite vraiment qu’on lui consacre deux heures ? Ses critiques vont droit au but, avec curiosité mais sans complaisance.