Spectacle

Spectacles à voir cette semaine du 12 au 18 octobre 2026

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Cette semaine du lundi 12 au dimanche 18 octobre 2026, les scènes françaises offrent une belle diversité, entre danse africaine contemporaine, adaptation japonaise d’un roman de Murakami, grande comédie musicale populaire et cirque poétique à Paris, mais aussi théâtre engagé, danse inspirée des réseaux sociaux et hommage à Roland Petit à Lyon, Villeurbanne et Bordeaux. J’ai retenu sept spectacles dont les représentations tombent bien dans cette fenêtre, en vérifiant pour chacun le lieu, la ville et les dates, afin que vous puissiez réserver en toute confiance.

As We Are, Germaine Acogny et Gregory Maqoma au Théâtre de la Ville

Au Théâtre de la Ville, Sarah Bernhardt, place du Châtelet, le diptyque As We Are se joue du 12 au 18 octobre, du lundi au samedi à 20 h sauf le jeudi, et le dimanche 18 à 15 h. La soirée réunit deux pièces très différentes qui dialoguent pourtant entre elles. Dans la première, Germaine Acogny, figure majeure de la danse africaine contemporaine, danse seule à 82 ans un hommage à Joséphine Baker, retraçant le parcours de l’artiste depuis son combat contre le racisme jusqu’à son engagement dans la Résistance. La chorégraphie est cosignée avec Alesandra Seutin. La seconde partie, Bantu, est une création de Gregory Maqoma pour douze danseurs venus de traditions différentes, qui mettent en commun leurs pratiques dans un esprit de fraternité et célèbrent l’Afrique et sa modernité. Avec une durée d’1 h 25 entracte compris et des tarifs de 5 à 41 euros, selon L’Officiel des spectacles, c’est l’une des propositions les plus accessibles et les plus fortes de la semaine. Voir une interprète de cet âge porter seule un récit aussi chargé d’histoire est en soi un événement.

La Fin des temps, Philippe Decouflé adapte Murakami au Châtelet

Le Théâtre du Châtelet accueille à partir du vendredi 16 octobre La Fin des temps, adaptation par Philippe Decouflé du roman de Haruki Murakami. Dans la fenêtre qui nous intéresse, les représentations ont lieu le vendredi 16 à 19 h 30, le samedi 17 à 15 h et 20 h, et le dimanche 18 à 15 h, avant deux dernières dates les 20 et 21 octobre. Créé à Tokyo le 9 janvier 2026 et produit par HoriPro, le spectacle est présenté par le Châtelet comme la première adaptation scénique d’un roman de Murakami, conçue avec la participation de l’auteur. Neuf comédiens et dix danseurs, emmenés par Tatsuya Fujiwara, condensent un livre de plus de 700 pages en deux mondes parallèles, le Tokyo de 1985 et un univers onirique où le héros se dédouble. Decouflé revendique l’influence de la comédie musicale, des Parapluies de Cherbourg à West Side Story, mais aussi du kabuki. Le spectacle dure 2 h 30 avec entracte et se joue en japonais surtitré en français et en anglais. Une rencontre en bord de scène est prévue le dimanche 18 octobre.

Le Roi Soleil, le retour au Dôme de Paris

Vingt ans après sa création, Le Roi Soleil revient au Dôme de Paris, Palais des Sports, porte de Versailles, dans une version entièrement nouvelle produite par Dove Attia et mise en scène par Kamel Ouali. La première série parisienne, commencée le 12 septembre, s’achève précisément cette semaine, le dimanche 18 octobre, avant une reprise du 19 décembre 2026 au 17 janvier 2027. Les représentations sont annoncées le mardi 13, le jeudi 15 et le vendredi 16 à 20 h, le samedi 17 à 15 h et 20 h 30, et le dimanche 18 à 15 h. Le spectacle retrace la vie de Louis XIV, sacré enfant dans le contexte de la Fronde, puis ses amours avec Marie Mancini, Madame de Montespan et Madame de Maintenon. Emmanuel Moire reprend le rôle qui l’a révélé au grand public, aux côtés notamment de Louis Delort. Comptez 2 h 30 avec entracte et des places de 32 à 98 euros. Les avis de spectateurs recueillis par L’Officiel des spectacles saluent costumes et voix, mais certains regrettent la visibilité réduite de quelques catégories, un point à vérifier avant de choisir son placement.

Circo Infinito, un cirque sans paroles à Bobino

Pour une sortie en famille, Circo Infinito s’installe à Bobino, rue de la Gaîté dans le 14e arrondissement, à partir du jeudi 15 octobre et jusqu’au 22 novembre. Cette semaine, le spectacle se joue du jeudi 15 au samedi 17 à 19 h, puis le dimanche 18 à 15 h. Conçu et mis en scène par Alejandro Escobedo, qui partage le plateau avec Emily Tissot et Rémi Bolard, ce théâtre circassien sans paroles déroule un voyage onirique dans un décor de grandes voiles blanches éclairées qui deviennent tour à tour montagnes, nuages ou abris. Acrobaties aériennes, portés, équilibres et manipulation d’objets servent un propos simple et touchant sur l’entraide, la confiance et la résilience. Le spectacle arrive à Paris après un passage au festival Off d’Avignon. D’une durée d’environ 1 h 15, avec des billets de 20 à 42 euros, il s’adresse aux enfants à partir de 4 ans comme aux adultes, chacun y trouvant son niveau de lecture. C’est la proposition la plus douce de cette sélection, et peut être la plus universelle.

Une petite affaire, la dernière création de Jean Bellorini au TNP de Villeurbanne

Dans la métropole lyonnaise, le Théâtre National Populaire de Villeurbanne joue jusqu’au samedi 17 octobre Une petite affaire, d’après Seul dans Berlin de Hans Fallada, dans la salle Roger Planchon. Les représentations ont lieu du mardi au vendredi à 19 h 30 et le samedi à 18 h, relâche le lundi. Il s’agit de la dernière création de Jean Bellorini à la tête du TNP, qu’il dirige depuis 2020. Le spectacle raconte l’histoire d’Otto et Anna Quangel, couple berlinois ordinaire qui, après la mort de leur fils unique au front, se met à déposer dans les cages d’escalier des cartes postales hostiles à Hitler, jusqu’à leur arrestation et leur procès. Inspiré de faits réels, ce dernier roman de Fallada, écrit en 1947, avait été salué par Primo Levi. Bellorini en tire un théâtre récit d’1 h 30, porté par Camille de La Guillonnière, Clara Mayer et Jacques Hadjaje, où texte, bruitages et musique se mêlent jusqu’à un final pour quatuor de trombones qui avance vers le public. Le TNP le présente comme le pendant de L’Ordre du jour, adapté d’Éric Vuillard.

Trailer Park, la danse à l’heure des vidéos virales à la Maison de la danse de Lyon

Toujours à Lyon, la Maison de la danse, avenue Jean Mermoz dans le 8e arrondissement, accueille pour trois soirs seulement Trailer Park, le mardi 13 octobre à 20 h 30, le mercredi 14 à 19 h 30 et le jeudi 15. Le chorégraphe munichois Moritz Ostruschnjak y fait sa première apparition avec les neuf interprètes de la compagnie allemande tanzmainz. Le principe est saisissant, puisque des vidéos virales d’internet sont transposées sur un plateau nu, où se rencontrent l’analogique et le digital, les gestes du quotidien et les codes chorégraphiques des réseaux sociaux. La Tribune de Lyon souligne que la pièce interroge les jeunes corps à l’ère des écrans, et signale qu’une soirée réservée aux 18 à 30 ans, au tarif de 5 euros, suit la représentation du jeudi avec un set de DJ. Les places vont de 14 à 45 euros selon l’office de tourisme de Lyon. C’est l’occasion de découvrir un chorégraphe qui n’avait encore jamais été programmé dans cette maison, et une pièce qui parle directement de notre rapport quotidien aux écrans.

Soirée Roland Petit au Grand-Théâtre de Bordeaux

À Bordeaux, le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux termine cette semaine sa Soirée Roland Petit au Grand-Théâtre, place de la Comédie. Après les représentations de la semaine précédente, il reste le lundi 12 octobre à 20 h, le mardi 13 à 14 h 30 et 20 h, et le mercredi 14 à 20 h. Le programme réunit quatre œuvres du chorégraphe formé à l’Opéra de Paris, L’Arlésienne, le pas de deux de Thaïs extrait de Ma Pavlova, celui de La Prisonnière tiré de Proust ou les intermittences du cœur, et enfin Carmen. Toutes ces pièces puisent dans la littérature et le théâtre, de Mérimée à Proust en passant par Daudet et Anatole France, et placent l’interprète au cœur du récit. La production vient du Théâtre National Croate de Zagreb. Pour qui n’a jamais vu le style de Roland Petit, mélange de théâtralité, de sensualité et de narration limpide, ce programme en offre un panorama dense, dans le cadre prestigieux du Grand-Théâtre.

Que retenir de cette semaine ?

Si je ne devais choisir qu’un spectacle, je retiens As We Are, pour la présence de Germaine Acogny et la générosité du programme à petit prix. Les amateurs de théâtre ne manqueront pas les derniers soirs d’Une petite affaire à Villeurbanne, et les curieux tenteront la rareté de La Fin des temps au Châtelet. Pour les familles, Circo Infinito et Le Roi Soleil offrent deux façons très différentes de partager une sortie.

Retrouvez chaque semaine notre sélection mise à jour dans la rubrique Spectacles à voir cette semaine.

Sources

Sophie

Sophie Ben’s

Sophie aime les soirées qui commencent par « on va voir ce que ça donne » et se terminent par un verre à refaire le spectacle pendant une heure. Théâtre, humour, stand-up, comédie musicale ou scène plus inattendue : elle cherche surtout ce petit moment où la salle bascule et où quelque chose se passe vraiment. Sur Note Critique, elle raconte les spectacles comme elle les vit : avec curiosité, enthousiasme et un sens assez affûté de ce qui fonctionne… ou pas.