Disclosure Day : Spielberg revient aux extraterrestres, et on a des raisons d’y croire
Rencontres du troisième type. E.T. La Guerre des Mondes. Et maintenant Disclosure Day. Spielberg retourne une fois de plus vers les étoiles, avec une question simple et vertigineuse : que se passe-t-il le jour où l’humanité apprend qu’elle n’est pas seule ? Sortie le 10 juin en France.
Spielberg a 78 ans. Il a réalisé Rencontres du troisième type en 1977, E.T. en 1982, La Guerre des Mondes en 2005. Chacun de ces films a posé la question du contact extraterrestre d’une façon différente. Et voilà qu’il y revient une nouvelle fois, avec Disclosure Day, un film construit autour d’une idée simple et puissante, non pas l’arrivée des extraterrestres, mais le moment où l’humanité apprend officiellement qu’ils existent. Ce qui se passe après. Comment le monde réagit. Ce que ça change.
De quoi parle le film Disclosure Day ?
Disclosure Day, dont le titre de travail était The Dish, raconte ce que Spielberg appelle lui-même le Jour de la Révélation. L’histoire commence avec Emily Blunt dans le rôle d’une météorologiste en direct à la télévision, qui semble entrer en contact avec quelque chose lors de son émission. Des sons étranges, un malaise en direct, des regards médusés autour d’elle. Et depuis cet instant, le monde bascule.
Le film ne s’intéresse pas à l’invasion ni à la guerre. Il s’intéresse aux conséquences. Politiques, sociales, psychologiques. Que fait-on le lendemain du jour où l’on sait ? C’est un angle que Spielberg n’avait jamais vraiment exploré dans ses films précédents sur le sujet, et qui le distingue immédiatement de La Guerre des Mondes, film de peur et de survie, ou de Rencontres du troisième type, film d’émerveillement et de foi.
Le scénario est signé David Koepp, qui a déjà travaillé avec Spielberg sur Jurassic Park, Le Monde perdu et La Guerre des Mondes. Un collaborateur de confiance, qui connaît la façon dont le réalisateur construit ses films autour d’un personnage ordinaire confronté à quelque chose d’extraordinaire. Emily Blunt est ce personnage central. Josh O’Connor, Colman Domingo, Colin Firth et Eve Hewson complètent un casting qui n’a rien d’anodin.
Ce que les bandes-annonces laissent entrevoir
Deux bandes-annonces ont été diffusées, la première en décembre 2025 et la seconde lors du Super Bowl 2026. Elles sont délibérément avares en informations sur l’intrigue. On voit Emily Blunt en direct à la télévision, une apparition dans le ciel, un symbole dans un champ de maïs, et quelques plans d’une tension très maîtrisée. Le ton rappelle davantage Signes de M. Night Shyamalan que Independence Day. Ce n’est clairement pas un film de spectacle au sens bruyant du terme, à l’opposé d’Avatar 2 par exemple.
La campagne marketing elle-même était construite autour du mystère. Une affiche géante avait été placardée à Times Square en décembre 2025, représentant un œil inversé intégré à la silhouette d’un cardinal rouge sur fond noir, avec le slogan All Will Be Disclosed. Personne ne savait encore de quel film il s’agissait. C’est ce genre de mise en scène promotionnelle soignée qui ne se fait plus beaucoup, et qui dit quelque chose sur l’ambition du projet.
Spielberg et Williams, une dernière fois
Disclosure Day marque la trentième collaboration entre Steven Spielberg et John Williams. Le compositeur avait évoqué sa retraite après Indiana Jones et le Cadran de la Destinée en 2023. Il est revenu pour ce film. Williams a 93 ans. C’est peut-être la dernière fois qu’on les entend travailler ensemble.
Ce seul fait donne au film une dimension particulière. La musique de Williams a accompagné certains des moments les plus marquants du film de science-fiction au cinéma. Les cinq notes de Rencontres du troisième type. La mélodie d’E.T. Ce que Williams écrira pour Disclosure Day sera attendu avec autant d’attention que le film lui-même par beaucoup de spectateurs.
Janusz Kaminski, directeur de la photographie fidèle de Spielberg depuis La Liste de Schindler, signe également l’image du film. C’est l’équipe historique, réunie pour ce qui ressemble à un projet très personnel.
Ce qu’on en attend du film Disclosure Day ?
Spielberg a 78 ans et n’a plus rien à prouver. Ce qui rend Disclosure Day intéressant, c’est précisément qu’il n’est pas obligé de le faire. Il aurait pu ne pas revenir au genre qui l’a rendu célèbre. Il a choisi de le faire, avec une idée originale, un scénario qu’il a lui-même imaginé, et une équipe qu’il connaît depuis des décennies. C’est le genre de projet qui ne ressemble à aucune franchise, à aucune suite, à aucune commande de studio.
L’angle choisi, les conséquences de la révélation plutôt que la révélation elle-même, rappelle la démarche d’Oppenheimer : celle d’un cinéaste mature qui s’intéresse aux hommes plutôt qu’aux effets spéciaux. Spielberg a toujours fait ça, même dans ses films les plus spectaculaires. Mais avec Disclosure Day, les effets spéciaux semblent délibérément mis en retrait au profit de quelque chose de plus intime et de plus inquiet.
On attend de voir si le film tient cette promesse sur deux heures. Et on est curieux de savoir ce que Spielberg, qui a fait rêver plusieurs générations avec ses extraterrestres, pense aujourd’hui de ce que représente vraiment cette question.
Disclosure Day sort le 10 juin 2026 dans les salles françaises, y compris en 4DX, deux jours avant la sortie américaine. On en reparle après, mais nous Spielberg… On adore !!

