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Les Évadées, partie 2, Marc Levy referme son diptyque de résistance

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Trois semaines à peine après la première, la seconde partie des Évadées de Marc Levy arrive en librairie le 15 octobre 2026 chez Robert Laffont. L’auteur français le plus lu dans le monde y referme un diptyque qui suit deux sœurs jumelles, l’une policière, l’autre scientifique, prises chacune dans un combat pour la liberté. Le premier volume ayant laissé ses lecteurs sur une dernière ligne en suspens, cette suite est l’une des sorties grand public les plus guettées de la semaine. Je n’ai pas encore lu cette seconde partie au moment d’écrire ces lignes, et cet avis repose sur les critiques citées.

Marc Levy, de la comédie sentimentale au roman de combat

Marc Levy publie son premier roman, Et si c’était vrai…, en 2000. Le livre est adapté à Hollywood en 2005 sous la houlette de Steven Spielberg, producteur du film, avec Reese Witherspoon et Mark Ruffalo. Depuis, l’écrivain installé à New York n’a cessé de publier, et Livres Hebdo le présente comme « le romancier français le plus vendu dans le monde, avec 50 millions d’exemplaires ».

Ces dernières années, son registre a nettement évolué. Son précédent roman, La Librairie des livres interdits, est paru fin 2024. Julie Malaure, dans Livres Hebdo, résume ce virage en écrivant que « les comédies sentimentales de ses débuts ont laissé place à un regard implacable sur le monde. » La presse locale qui a couvert sa venue en librairie début octobre parle même de son roman le plus engagé.

Un livre devenu trop dense pour un seul volume

Le découpage en deux parties n’était pas prévu. Dans un entretien accordé à Lisa Muratore pour L’Éclaireur Fnac le 2 octobre, Marc Levy raconte qu’il craignait de ne pas réussir à remplir 400 pages. Arrivé à ce cap, il n’était qu’à la moitié de son histoire. D’où cette parution en deux temps, la première partie le 22 septembre, la seconde le 15 octobre.

L’écrivain y explique aussi l’ambition du livre. Pour lui, « les romans ont un pouvoir énorme sur la société », et ils ont besoin d’être politiques, « mais pas au sens des partis politiques ». Il ajoute que « la grande résistance, c’est avant tout une résistance individuelle », une phrase qui pourrait servir d’épigraphe au diptyque entier.

Cécile à Interpol, Olivia dans un laboratoire sous pression

Les deux héroïnes sont des jumelles identiques séparées dans l’enfance par le divorce de leurs parents. Cécile vit à Lyon et travaille pour Interpol. Selon Livres Hebdo, elle découvre avec l’aide d’un hacker, Diego, que des milliers de jeunes diplômés en informatique ont disparu après avoir répondu à une offre d’emploi en Asie du Sud. Retenus de force dans des centres informatiques, ils sont contraints d’escroquer leurs compatriotes pour payer leur propre rançon. L’enquête la conduit au Vietnam avec son collègue Liam.

Olivia vit à Boston. Chercheuse dans un centre scientifique de la côte Est américaine, elle voit monter un pouvoir autoritaire décidé à faire taire la science. Sa supérieure, Molly, lui propose de rejoindre un réseau de résistance. Livres Hebdo précise que ce réseau cherche à révéler les dérives du mouvement MAGA. Le roman alterne les points de vue, Olivia à la première personne, Cécile à la troisième, et voyage de Lyon à Boston, de Paris à Singapour selon la présentation de l’éditeur. La première partie s’achevait sur une dernière ligne qui faisait se rejoindre les deux récits, et c’est de là que repart la suite.

Ce qu’en dit la critique

L’accueil de la première partie a été chaleureux dans la presse professionnelle. Julie Malaure, dans Livres Hebdo, parle d’un « roman haletant » et d’un « roman synthèse » de l’œuvre de Levy, jugeant l’attente de la suite « presque insoutenable ». Sur Creotive Media, on salue « un thriller international rythmé et engagé, porté par deux héroïnes déterminées », en notant que « le contraste entre les deux sœurs fonctionne particulièrement bien ».

Le site Le Monde du Polar, le 1er octobre, s’arrête sur le fil américain et la manière dont Levy rend sensible l’étouffement progressif d’une vie sous la peur. « Cette résistance en blouse blanche, fragile et têtue, compose l’un des fils les plus stimulants du roman », écrit sa critique.

Un pari romanesque risqué mais cohérent

Le premier risque d’un roman coupé en deux tient à la tentation de faire durer le plaisir artificiellement. Ici, l’aveu de Levy sur la genèse du livre rassure plutôt. Le découpage naît d’une matière trop abondante, pas d’une stratégie de feuilleton, et l’écart de trois semaines seulement entre les deux volumes évite de laisser retomber la tension.

Le second risque concerne la charge politique. Écrire sur l’Amérique d’aujourd’hui depuis New York, en nommant le mouvement MAGA, expose à la caricature. Les critiques citées saluent pourtant l’équilibre entre l’aventure et le propos, et la double intrigue, l’une sur la cybercriminalité en Asie, l’autre sur la science bâillonnée, empêche le livre de se réduire à un pamphlet. La sororité sert de fil émotionnel, et c’est sans doute ce qui fera tourner les pages aux lecteurs fidèles.

Faut-il lire les deux parties d’affilée ?

Sans hésiter, si l’on n’a pas encore commencé. La seconde partie ne se conçoit pas sans la première, et la sortie rapprochée permet de lire le diptyque comme un seul grand roman, ce qu’il était au départ dans l’esprit de son auteur.

Je retiens de cet ensemble le portrait d’un Marc Levy qui assume désormais pleinement le roman engagé, sans renoncer au rythme qui a fait son succès. Je ne m’attends pas à une révolution littéraire, mais à un thriller sincère et efficace, porté par deux femmes qui résistent chacune à leur manière. Pour les lecteurs qui ont refermé la première partie en septembre, le rendez-vous du 15 octobre est évident.

Retrouvez les autres parutions de la semaine sur le hub Sorties livres de la semaine.

Sources

Sylvie

Sylvie Bell’s

Sylvie ne lit pas vraiment des romans : elle les dévore !! Deux livres dans une journée ne lui font pas peur, surtout lorsqu’un auteur l’accroche assez pour qu’elle parte aussitôt explorer toute sa bibliographie. Curieuse, généreuse et toujours prête à défendre son dernier coup de cœur, elle adore faire circuler les romans autour d’elle, à une condition non négociable : personne n’y touche avant qu’elle ait terminé. Et si elle préfère largement le bruit des pages au clic d’une liseuse, elle admet qu’entre lire sur un écran et ne pas lire du tout, le choix est vite fait.